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Un peu de culture…Découvrons le Bodu Beru, L’âme musicale des Maldives

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Avez-vous déjà entendu le son des percussions traditionnelles des Maldives, les Bodu Beru, résonner  dans la nuit ?

Si vous aimez les musiques du monde et bien sûr, si vous êtes un(e) voyageur(se) curieux(se), ces moments sont pour vous. Le Bodu Beru (prononcer bodou berou ), véritable âme musicale des Maldives, est joué durant les soirées Maldiviennes programmées dans la plupart des Iles hôtels des Maldives.

Les occasions de connaitre la culture des Maldives étant encore – trop – rares, ces soirées seront donc idéales pour découvrir une des facettes culturelles les plus importantes de l’archipel et souvent une des seules possibilités de le faire, à moins de partir en excursion…et encore.

Qu’est-ce que le Bodu Beru ?

Bodu Beru en Dhivehi, signifie littéralement « larges percussions » Bodu pour large/gros et Beru pour percussions. Il regroupe des musiques et chants uniquement basés sur des percussions et des voix.

Danses et percussions traditionelles des Maldives, Le Bodu Beru
Danses et percussions traditionnelles des Maldives, Le Bodu Beru. Cette scène typique, prise au coucher de Soleil, montre parfaitement un performance de ce type. Les batteurs se font face tandis que les danseurs bougent de manière aérienne et improvisée au centre | Photo. Collection Dreaming Of Maldives. Le livre – 2eme Édition © Sakis Papadopoulos

Les instruments utilisés et les rythmes de ces musiques sont les témoins d’un passé historique chargé d’influences multi-ethniques dont certaines racines viennent entre autre, d’Afrique de l’Est.

Note : Les Maldives ont des origines allant d’Afrique noire jusqu’à l’Asie du Sud en passant par l’Europe et les pays du Moyen-Orient.

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Bien que la date soit encore contestée et non clairement définie par les historiens des Maldives, ceux-ci l’estiment aux environs du 11ème / 12ème siècle, avec l’arrivée des esclaves africains apportés par les marins marchands Arabes durant leurs voyages réguliers vers l’Asie.

Dès lors, des milliers d’Africains sont arrivés aux Maldives et s’y sont finalement installés. Ils y ont laissé, entres autres, une très forte influence musicale, devenu aujourd’hui le Bodu Beru.
La tradition de ces musiques à percussions a traversé les siècles et les influences modernes. Les tambours du Bodu Beru sont joués partout aux Maldives et peuvent être parfois entendu, au loin, d’île en île, et ce, même depuis la vôtre.

Les groupes entendus durant les soirées Maldiviennes des hôtels sont parfois directement composés de membres de l’équipe hôtelières de l’ile ou, selon les disponibilités et -surtout- les savoirs, peuvent venir des iles locales voisines.

Lors de chaque performance, les protagonistes pourront se placer de façon différente et interagir de plusieurs manières selon l’occasion. Mais les positions et rôles de chacun seront toujours soumis à des règles datant de plusieurs siècles.
Dans les hôtels, on le verra souvent sous la forme la plus courante: 5 à 7 hommes assis par terre et entre 3 et 10 danseurs / chanteurs, disposés au hasard, devant. Les percussionnistes se mettent en 1 ou 2 rangs, et sont séparés en 2 groupes, chaque groupe se faisant face.

Le 1er percussionniste, ou Maître, leader des rythmes, siégera au centre de ses musiciens avec le plus gros tambour et donnera le tempo au reste du groupe.
Le spectacle commence avec les percussions sur un tempo lent et doux et augmente jusqu’à ce qu’un rythme très rapide soit acquis, tandis que les danseurs répondent aux sons des bodu berus tout autour d’une scène improvisée sur le sable, de manière déstructurée et aérienne avec de grands mouvements de bras, prenant tout l’espace et semblant entrer dans une sorte de danse que certains pourraient percevoir comme une transe.
Avec les tambours, les danseurs commencent lentement à chanter une chanson Dhivehi qui va progressivement augmenter et s’accélérer. La scène et la musique forment une atmosphère parfois hypnotique pour les spectateurs… pour peu que l’on se laisse aller.

Les chansons sont parfois très anciennes et transmises de générations en générations au cours des nombreuses nuits festives et célébrations sur les iles de l’archipel.
Les paroles sont basées sur des histoires et des contes de pêcheurs, sur l’amour, la vie en générale avec ses peines et ses bonheurs ( finalement c’est un peu partout pareil), et peuvent aussi être à dessein comique et/ou être totalement improvisées.
Selon la raison pour laquelle on jouera du Bodu Beru, on variera les danses et on y ajoutera encore plus de mouvements et de codes ainsi que d’étranges visages aux danseurs (tirages de langues, grimaces…).

Jeune femme Maldivienne en costume traditionnel.
Jeune femme Maldivienne en costume traditionnel | Photo. Collection Dreaming Of Maldives. Le livre – 2eme Édition © Sakis Papadopoulos

Les tambours sont exécutés par des hommes, mais les danses peuvent aussi être faites par les femmes pour qui le rythme musical sera cependant plus lisse et plus langoureux. Ces performances féminines, très gracieuses et colorées grâce à des costumes aux couleurs vives aux parures de bijoux en or, sont encore assez rares dans les hôtels.

Si le Bodu Beru est largement joué sur tout l’archipel, par les aînés et les plus jeunes durant les festivités locales ou simplement pour le plaisir, il se joue uniquement par des percussionnistes certifiés.
Le Bodu Beru a plusieurs tempos et règles d’exécution nécessitant beaucoup de rigueur et plusieurs années d’apprentissage pour le maîtriser.  (Note: ayant moi-même vécu en Afrique occidentale où les tambours sont rois, je trouve personnellement que le Bodu Beru est plus complexe en matière de tempos et variations de battements).

Les percussions … ou « Beru »
Généralement basés sur un son de basse grave et profond, le fût est fait, comme dans la plupart des îles tropicales à travers le monde, en bois de noix de coco pour sa large présence sous ce type de climat et sa qualité sonore.

La tête est quant à elle, presque similaire à celle des Djembés africains. A l’origine, elles étaient faites de peaux de raies ou raies manta.
Aujourd’hui elles sont généralement faites de peaux de chèvre. La peau sera plus ou moins serrée pour produire un son plus ou moins grave ou aigu. Les tambours existent aussi en petite taille pour un son très aigu.
Avec ses battements très rythmiques et lancinants, la musique Bodu Beru est une invitation à danser.
Le simple fait qu’il nous rapproche un peu plus de l’âme méconnue des Maldives est un plaisir. Il est l’un des rares moments où l’on peut partager un moment purement Maldivien.

Au cours de ces nuits Maldiviennes, n’hésitez pas à bouger vous-aussi ou au minimum à taper dans vos mains. Cela ne fera qu’amplifier l’énergie et le plaisir, certain, des danseurs.
Selon les hôtels, les danseurs viendront parfois vous inviter à les rejoindre.

Si ce genre de participation a tendance à vous embarrasser, ce n’est pas grave…Écoutez simplement les battements des Bodu Berus et profitez du spectacle offert par les danseurs Maldiviens, qui nous offre enfin un petit bout de leur culture.
Dernière note : Certains hôtels proposent à leurs hôtes et/ ou aux enfant , des leçons de Bodu Beru. Essayez, c’est un moment qui peut s’avérer très amusant.
Voici encore une fois le morceau de Bodu Beru figurant au début de mon article.
Maintenant que vous en savez un peu plus, réécoutez le, vous l’entendrez peut-être différemment.

Cette chanson a été enregistrée à Baros Maldives au cours d’une nuit Maldivienne et est interprétée par des membres Maldiviens de l’équipe de l’île. Notez l’accélération du rythme vers la minute 4.09


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